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10月29日

Je préfère me taire : je crains, en continuant, de devenir vulgaire

Dans "Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil", Jean Yanne joue le rôle d'un jounaliste plutôt honnête, et assez perplexe vis-à-vis de la politique menée par le directeur de sa radio. Celui-ci surfe sur des modes, et axe ses émissions et sa possibilité sur celles-ci.
Bref, un film intéressant, dont voici un extrait, lorsque Jean Yanne lance ses 4 vérités à son supérieur hiérarchique, et lui explique la différence entre la vulgarité et la grossièreté. "Vendre la merde, mais sans dire un gros mot".
 
 
"Plantier, vous êtes un con. Vous me trouvez grossier,
et moi, mon cher ami, je vous trouve vulgaire.
Vous ne comprenez pas ? Je vais vous expliquer :
Dire merde ou mon cul, c’est simplement grossier.
Maintenant voyons donc tout ce qui est vulgaire :
Prendre une voix feutrée et sur un ton larvaire
Vendre avec les slogans au bon con d’auditeur
Les signes du zodiaque ou le courrier du cœur.
Connaissant son effet sur les foules passives
Faire appel à Jésus pour vanter la lessive.
Employer les plus bas et les plus sûrs moyens
Faire des émissions sur les vieux, sur la faim
Le cancer. Enfin, jouer sur les bons sentiments
Afin de mieux fourguer les désodorisants.
Tout cela c’est vulgaire, ça pue, ça intoxique
Mais cela fait partie du jeu radiophonique
Vendre la merde, oui, mais sans dire un gros mot
Tout le monde est gentil, tout le monde il est beau
Mais là, mon cher Plantier, vous ne pouvez comprendre
Et dans un tel combat, je ne puis que me rendre
Alors Plantier, salut, je préfère me taire
Je crains, en continuant, de devenir vulgaire."

10月19日

Missak Manouchian

Missak Manouchian, était un militant communiste et résistant, membre de la MOI puis des FTP-MOI (main d'oeuvre immigrée). Arrivé d'Arménie en France en 1925, il épouse Mélinée dix ans plus tard. Arrêté par les services secrets français, il est torturé, puis livré aux allemands, et enfin fusillé avec 21 de ses camarades. 
 
Voici le contenu de sa dernière lettre :
 
"Ma Chère Mélinée, ma petite orpheline bien-aimée,

Dans quelques heures, je ne serai plus de ce monde. Nous allons être fusillés cet après-midi à 15 heures. Cela m'arrive comme un accident dans ma vie, je n'y crois pas mais pourtant je sais que je ne te verrai plus jamais.
Que puis-je t'écrire ? Tout est confus en moi et bien clair en même temps.

Je m'étais engagé dans l'Armée de Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la Victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir, je proclame que je n'ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu'il méritera comme châtiment et comme récompense.

Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus longtemps. Bonheur à tous... J'ai un regret profond de ne t'avoir pas rendue heureuse, j'aurais bien voulu avoir un enfant de toi, comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre, sans faute, et d'avoir un enfant pour mon bonheur, et pour accomplir ma dernière volonté, marie-toi avec quelqu'un qui puisse te rendre heureuse. Tous mes biens et toutes mes affaires je les lègue à toi à ta sœur et à mes neveux. Après la guerre tu pourras faire valoir ton droit de pension de guerre en tant que ma femme, car je meurs en soldat régulier de l'armée française de la libération.

Avec l'aide des amis qui voudront bien m'honorer, tu feras éditer mes poèmes et mes écrits qui valent d'être lus. Tu apporteras mes souvenirs si possible à mes parents en Arménie. Je mourrai avec mes 23 camarades tout à l'heure avec le courage et la sérénité d'un homme qui a la conscience bien tranquille, car personnellement, je n'ai fait de mal à personne et si je l'ai fait, je l'ai fait sans haine. Aujourd'hui, il y a du soleil. C'est en regardant le soleil et la belle nature que j'ai tant aimée que je dirai adieu à la vie et à vous tous, ma bien chère femme et mes bien chers amis. Je pardonne à tous ceux qui m'ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendus. Je t'embrasse bien fort ainsi que ta sœur et tous les amis qui me connaissent de loin ou de près, je vous serre tous sur mon cœur. Adieu. Ton ami, ton camarade, ton mari.
Manouchian Michel"
 
P.S. : cette lettre n'a strictement rien à voir avec celle de Guy Môquet.
10月6日

"Chaque fois que quelqu'un est humilié, est persécuté, est opprimé, il devient automatiquement français"

"Chaque fois que quelqu'un est humilié, est persécuté, est opprimé, il devient automatiquement français".
Voilà ce que disait Nicolas Sarkozy durant "sa" campagne présidentielle.
 
Qu'est ce que cela signifie ? Que la France est le pays des droits de l'homme, où tous les demandeurs d'asile fuyant la persécution et ne pouvant obtenir la protection de leur pays d'origine sont acceptés ? Ca y ressemble, en tout cas ! Ne sont-ce que des bons mots et des joutes politiciennes ?
Les taux d'admission de l'OFPRA sont passés de 26,3% en 1993 à 9.7% en 2003. Dans le même temps, le taux d'admission de la CRR (Commission de recours des réfugiés) est passée de 4,4% à 9,8%, et le nombre de demandes d'asile a évolué de 27516 à 52172.
 
Le nombre de demandeurs a doublé, mondialisation oblige. Le taux d'admission de l'OFPRA a été presque divisé par 3. Le taux d'admission de la CRR a, dans le même temps, augmenté, en faisant plus que doubler.
 
Que pouvons-nous en conclure ? Pour ma part, j'en conclus que les critères de l'OFPRA sont plus restrictifs ! Et les réfugiés sont obligés de porter un recours devant la CRR pour faire valoir leurs droits !
On en est à un point tel que la moitiée des demandes acceptée l'est grâce à la commission de recours.
 
Si on estime que la commission de recours n'accepte que les demandeurs d'asile qui sont vraiment en danger, et seulement ceux-là, cela signifie qu'au moins la moitiée des refus de l'OFPRA n'a pas lieu d'être, et que ces humiliés, persécutés, opprimés, ne deviennent donc pas français (pour reprendre la formule de notre président).
 
Or, l'OFPRA dépendait, en 2003, du ministère des affaires étrangères. Selon le figaro, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'intérieur, en 2003, aurait tenté de prende le contrôle de l'OFPRA. Depuis l'élection présidentielle, il est question de placer celle-ci sous la responsabilité du ministère de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale, et du codéveloppement. Celui-là même dont le ministre annonce sa volonté d'expulser 25000 étrangers en situation irrégulière en 2007, et qui convoque ses ministres lorsqu'ils ne font pas assez de chiffre.
 
Tout cela me chiffonne : déjà que l'OFPRA refuse au moins la moitiée des dossiers qu'elle devrait accepter, on veut la faire passer sous le contrôle d'un homme pour qui seul le chiffre compte lorsqu'il s'agit de sa politique xénophobe et raciste d'expulsions.
Peut-on raisonnablement estimer, si l'OFPRA passe sous la houlette d'Hortefeux, que le taux d'admissions des demandeurs d'asile ne va pas baisser ? Et que cette baisse sera humaintement motivée, et pas seulement dictée par les chiffres lancés par le ministre et son président de la République ?
 
Monsieur le Président, vos beaux discours ne trompent personne (en tout cas, pas moi) ! Pendant que vous prétendez qu'il suffit d'être opprimé pour devenir français, vous continuez de défendre une politique d'expulsions massives et aveugles, dans le seul but de vous attacher l'électorat raciste du front national !
 
Mais je vais m'arrêter là, et pour conclure, citer le blog http://vivelefeu.blog.20minutes.fr/
 
 
"Il va quand même falloir qu’on lui rappelle, à Nicolas Sarkozy, qu’on n’hiberne pas, depuis le printemps dernier.
Depuis qu’il a pendant sa campagne braconné dans les marécages, fustigeant l’étranger campé sur nos marches méridionales.
Depuis qu’il a pris le pouvoir, lâchant sur l’immigré la troupe du colonel (de réserve) Brice Hortefeux.
Il va quand même falloir qu’on lui dise, à Nicolas Sarkozy, que nonobstant le médiatique ronronnement où il nous enserre, on devine un peu ce qui se passe, depuis son accession aux “responsabilités”, au pays de la liberté, de l’égalité, de la fraternité.
Qu’on lui parle des humiliés, des persécutés, des opprimés, des crevards laminés par la faim qu’on refoule aux frontières.
Qu’on lui redise que c’est un certain Nicolas Sarkozy qui a mis en place une répression qui dans nos rues, jour après jour, umilie, persécute, opprime.
Et rafle.
Et contrôle au faciès.
Et renvoie pour finir la gueusaille basanée vers ses cauchemars d’origine.
Pour une seule et unique raison.
Pour la seule et unique raison que le constant souci du même Nicolas Sarkozy (et de ses fidèles féaux) est de montrer au monde que si t’es pas né blanc (depuis cinq générations) du côté de Saint-Germain-en-Laye, “devenir automatiquement français” va être vachement compliqué - dans le meilleur des cas.
Nicolas Sarkozy: “Chaque fois que quelqu’un est humilié, est persécuté, est opprimé, il devient automatiquement français”.
Nous: “La moquerie et la menterie érigées en système de gouvernement?
On a longuement réfléchi - et ça va pas pouvoir le faire”."