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12月18日 Debout sur le zinc - Poil aux yeuxUn beau jour que j'allais aller, aller à l'école Une idée bizarre me suivait comme un pot de colle Elle s'accrochait à moi, à mes chaussettes Comme un poisson pilote à sa roussette Je lui dis va t'en j'ai pas l'temps il faut qu'je décolle Mais elle ne m'écoutait pas, elle était un peu folle Elle attendait de moi que je m'arrête Pour grimper de mes pieds jusqu'à ma tête Elle avait de petits bras, et plein de poils pour gratter Et de très grands yeux tout ronds où l'on peut se regarder Elle m'a tenté, tant chatouillé le menton Que je me suis cogné, cogné le front C'est alors que plein d'idées poilues sont sorties de ma tête Faisant la ronde, et chantant à tue-tête "Nous on veut pas aller, aller à l'école On préfère voyager, prendre notre envol" Mais l'idée bizarre se chauffait d'un tout autre bois Stop la farandole dans un claquement de doigts Puis elle dit "Mes amis, écoutez-moi ! Je vous en prie, ouvrez les yeux, faites comme moi" Les idées poilues ont ouvert de grands yeux tout ronds Et vu qu'autour d'elles il y avait plus de mille façons De vivre et de parler chez les filles et les garçons De mon école, près de ma maison Depuis ce jour là j'ai beaucoup, beaucoup voyagé Grâce à mes copains de l'école et de mon quartier Et plus tard, et plus tard, quand je serai grand Je saurai voyager, dans le coeur des gens 12月4日 La fièvre acheteuse Les journalistes, avides de formules toutes faites, entendues et rabâchées, ont trouvé une expression pour décrire l'hystérie collective lors des fêtes de fin d'année : la fièvre acheteuse. Est-ce un jeu de mot de mauvais goût avec fièvre aphteuse ? Parler des gens se précipitant dans les supermarchés fait vendre (au moins la publicité), bien plus que de parler de la possibilité du travail du dimanche. Pour illustrer cette fièvre acheteuse, une petite chanson de Mort Aux Pourris : Un rayon de soleil Frappe les rues Pourtant désertes Les gens attendent Face aux vitrines À peine ouvertes Ou dans le trafic Jouant du pare-chocs Pour être premiers arrivés Premiers servis Dernière chance d’en profiter Assis sur un banc Je vous regarde passer L’air mort vous vous enterrez La cage est dorée Chaque jour j’y vais travailler Un rayon de soleil Bloqué par les murs autour Comme des vampires Fuyant la lumière du jour Les foules se marchent Sur les pieds Dépensent comme des cons Se font la gueule Pour un oui ou pour un non Assis sur un banc Je vous regarde passer L’air mort vous vous enterrez La cage est dorée Chaque jour la machine S’emballe pour m’aliéner Le monstre nous avale Et nous enferme Ses portes Comme les mâchoires Se referment Avec un semblant De chaleur humaine Jonas est au chaud Dans sa baleine Vous y achèterez les rêves Qu’on vous vendra à prix d’or Des rêves fabriqués Avec des cauchemars Nos regards sont vides Comme le sont nos vies Qu’on veut combler Par des objets bon marché Nos regards sont vides Comme le sont nos vies 30 % off sur une vie Trop chère payée Les vitrines Comme des fenêtres Nous offrent une vue Sur un monde préfabriqué Aidez-moi Vendez-moi Juste un bat de baseball Pour les fracasser. Petite rappel : ce groupe est québecquois. En amérique du nord, le 26 décembre est l'occasion d'importantes démarques, où les familles débordées de travail se jettent quand elles ont oublié d'acheter des jouets pour leurs enfants (vous avez durement déjà vu ça dans des films). "Les foules se marchent sur les pieds" [Casseurs de pub :] Aux Etats-Unis, le "Black Friday", jour suivant la fête de Thanksgiving, marque traditionnellement le début des achats de Noël avec notamment des soldes très importantes dans les magasins qui ouvrent leur porte dès le petit matin. Vendredi 28 novembre, cette tradition a pris une tournure tragique dans un magasin Wal-Mart de Long Island, dans l'Etat de New York. Un employé qui venait d'ouvrir les portes pour laisser entrer une foule impatiente a été écrasé par les acheteurs qui se ruaient sur les produits. L'homme, âgé de 34 ans, est mort de ses blessures. Au moins quatre personnes, dont une femme enceinte, ont été hospitalisés après cet incident. D'autres employés du magasin ont également été blessés alors qu'ils tentaient de venir en aide à leur collègue. Kimberly Cribbs, qui faisait partie des quelque 2 000 personnes amassées devant le magasin Wal Mart, a affirmé que les clients s'étaient comportés « comme des sauvages ». « Quand on leur a dit qu'ils devaient partir parce qu'un employé avait été tué, ils ont commencé à crier : 'ça fait une journée que je fais la queue'. Et ils ont continué à acheter », a-t-elle confié à l'Associated Press. (...) Comme le rappelle le New York Times, de telles scènes d'hystérie « sont devenues normales pendant la période connue sous le nom de Black Friday ». « C'était une tragédie, et en même temps on sent que ce n'était pas un accident », note le quotidien new-yorkais, rappelant qu'aux Etats-Unis, acheter est « un sport de contact » et que les magasins ont toujours été bon dans l'art « de créer un sentiment de manque alors que l'on est en pleine abondance, une anxiété qui oblige à agir immédiatement pour ne pas passer à côté ».[/Casseurs de pub] Très symbolique : quand 2000 consommateurs américains, enragés par le désir d'acheter et profiter des rabais (jusqu'à 70%), enfoncent les portes. Ils ne se sont pas arrêtés, et 200 personnes auraient piétiné à mort un intérimaire de chez Wal-Mart. Transporté à l'hopital, mort de des blessures une heure plus tard. Informés qu'un employé était mort et demandés de partir, les consommateurs se plaignirent d'attendre depuis jeudi matin (ouverture dans la nuit de jeudi à vendredi, à minuit). Il n'était pas formé pour s'occuper de foules en colère. Il était intérimaire. Wal-Mart mène une lutte active contre l'implantation des syndicats. |
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