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9月29日 Sans-papiers : rafle ou pas rafle ?On voit de plus en plus de réactions à propos des arrestations et expulsions de sans-papiers dans les media, et le principal sujet de débat, malheureusement, n'est pas la légitimité de ces actes, mais le vocabulaire employé. L'utilisation du mot "rafle" est controversé.
Laurent Giovannoni, secrétaire général de la Cimade : «D'un point de vue d'une juste utilisation du français, rafle est le mot juste. Nous avons hésité à l'utiliser. Mais nous avons décidé de le faire de façon rare. Parce qu’il est chargé. Ce mot est très chargé parce qu’il fait directement référence dans l’histoire française au régime de Vichy et la rafle du Vel d’Hiv. Il y a effectivement une notion tabou autour de ce mot. Il a fallu soixante ans pour que soit admise la responsabilité de l’Etat français dans les arrestations et les déportations au moment de la rafle du Vel d’Hiv. Il a fallu attendre la déclaration de Jacques Chirac en 1995, pour reconnaître la responsabilité de l’Etat français, comme quoi c’est quelque chose qui est effectivement tabou.»
«On a vu réapparaître des rafles à partir de 2004 et 2005. Très précisément en application de la politique du chiffre imposée par le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy qui a donné à ses services un objectif chiffré en matière de reconduites à la frontière [...] La presse ne parle quasiment plus de charter. Ce sont pourtant des pratiques régulières. On parle de "vols groupés". La presse a plus ou moins repris les termes que proposait le ministère de l’intérieur. Il y a encore quinze, vingt ans, c’était un sandale inouï. Aujourd’hui les charters sont réguliers, cela n’émeut plus personne. Alors qu’il s’agit, ni plus ni moins d’une expulsion collective prohibée par la convention européenne des droits de l’homme.» Dominique Vanstaevel (RESF) : "Puisque référence est faite à ce que j'avais écrit sur le blog de Libé A l'école des sans-papiers, je vais tenter de ré-expliquer mon point de vue. Je comprends tout à fait que l'usage du mot rafle dérange, d'autant que dans la mémoire collective, il est associé à une période particulièrement nauséabonde de l'histoire de France. Pour autant on ne peut pas réduire l'usage de cette pratique, et à fortiori celle du mot qui la désigne, à cette seule période. Il y a eu usage de rafles à d'autres époques plus proches.
La rafle est une pratique policière, ou militaire, qui consiste a boucler un lieu (public ou privé) un café, un atelier, une rue, un quartier, etc.. puis de contrôler les individus qui s'y trouvent, et le cas échéant les arrêter. Voilà ce qu'est une rafle. Ce qui suit, ou la mise en rétention, ou l'enfermement, ou la déportation, ou l'exécution sont d'autres pratiques, toutes différentes, toutes résultantes de politiques brutales et répressives. Maintenant celles et ceux qui croient, sous prétexte que nous sommes dans un Etat de droit que les rafles n'ont plus cours, se trompent. Je peux entendre leur malaise, d'autant que la rafle est une pratique qui vise à faire du résultat, et que pour y parvenir, les contrôles aux faciès sont l'usage... Ce qui reste aujourd'hui encore complètement illégal. Pourtant dans certains quartiers de Paris et de banlieue, c'est l'inacceptable réalité." Jean-Pierre Dubois, professeur de droit constitutionnel et d'histoire des idées politiques : « On est toujours très prudent, parce qu'il y a des mots qui rappellent des choses très fortes mais on assiste depuis plusieurs mois à des opérations systématiques, préparées, qui conduisent à des bouclages d'un certain nombre de zones. Il y a une partie des arrondissements de l'Est parisien, notamment le 19ème, où cela se passe régulièrement. On voit des forces de police qui remontent une rue, en fouillant systématiquement les cafés, les commerces, les cages d'escalier.
Le mot de rafle vient à l'esprit parce que, techniquement, il s'agit bien de cela. Ensuite il faut mesurer les choses, parce ce n'est pas parce qu'on constate qu'il y a bien une tendance à voir se multiplier ce genre d'opérations, qu'on est dans les mêmes conjonctures historiques que celles auxquelles le mot rafle renvoie dans notre inconscient collectif. Mais on ne peut pas dissimuler qu'il y a apparition de ce genre de choses. » Emmanuel Terray, anthropologue, ancien directeur du Centre d’études africaines (EHESS-CNRS) et membre de la Ligue des Droits de l’Homme : « A partir du moment où la police se livre à des interpellations massives opérées à l’improviste dans une certaine population, eh bien il y a rafle ! Effectivement, le terme de rafle a été utilisé dans plusieurs circonstances historiques. Au moins deux, dans l’espace de mon existence. Pendant la guerre bien entendu, l’exemple cité par le Petit Robert, c’est la rafle du Vel d’Hiv. Il y a eu aussi des rafles pendant la guerre d’Algérie, et il se trouve qu’à ce moment-là, j’ai assisté à certaines de ces rafles, en tous cas l’une d’entre elles, le 17 octobre 1961, où une manifestation pacifique, désarmée, a été proprement raflée par la police. A partir du moment où de telles opérations ont lieu, et elles ont lieu, je ne vois pas pourquoi on n’emploie pas le mot rafle. Le mot rafle s’écrit avec une minuscule, c’est nom commun. C’est par une sorte de pudeur ou de scrupule incompréhensible que ce terme n’est pas employé. » (…)
« Ce qui fait le caractère suprêmement tragique des rafles de 1942, dont je rappelle qu’elles sont effectuées pour l’essentiel par la police française, c’est qu’au terme de la rafle, la police française remet les gens qu’elle a capturé aux Allemands. Elle les remet aux nazis et à partir de ce moment-là, ils sont déportés, ils partent d’abord à Drancy, puis à Compiègne, et ils sont mis dans des trains en direction de l’Allemagne et à ce moment-là la police française se désintéresse de leur sort. C’est cette présence allemande qui fait tout le caractère unique et extraordinairement tragique de l’extermination de 1942, et bien entendu aujourd’hui, il n’y a pas extermination, et il n’y a pas Allemands. Mais en revanche si l’on regarde l’attitude de la police française, les similitudes apparaissent. » « La première similitude, c’est le fait qu’un certain nombre d’individus qui vivent parmi nous, qui sont installés sur notre territoire, sont désignés comme des indésirables. Et ces indésirables, on décide de s’en débarrasser en les mettant dehors. La deuxième similitude est commandée par la nature des choses : à partir du moment où l’on veut interpeller des suspects collectivement désignés, il n’y a pas beaucoup le choix. Les techniques existent. C’est la convocation piège dans les préfectures, qui était déjà pratiquée en 1942. C’est la rafle, l’arrestation massive. C’est l’interpellation des enfants dans les écoles. On a beau me dire que les deux situations n’ont aucun rapport, c’est quand même la première fois depuis les années 1940-1945 que des enfants sont interpellés dans des écoles. C’est l’interpellation des gens à leur domicile comme ça s’est produit à Amiens, avec les conséquences tragiques que l’on connaît. Techniquement parlant quand on veut interpeller des indésirables, il faut aller les chercher là où ils sont. Le fait que la police française se soit vue fixer des objectifs chiffrés en la matière, et sur lesquels les responsables sont jugés par leur hiérarchie, a pour conséquence que cette chasse prend des formes tout à fait spectaculaires. » « Ce qui c’est passé à deux pas de votre journal, place de la République, l’année dernière, à l’occasion des Restaurants du cœur, où la police est venu interpeller une trentaine de sans-papiers après en avoir contrôlé bien davantage, c’est une rafle. J’ai ici le rapport de la Cimade, il y a une rubrique rafles et une liste de rafles vous est indiquée : liste des rafles et nombre de personnes placées en rétention recensées par la Cimade. Ce document est dans le domaine public, chacun peut le consulter. Et la Cimade, qui est experte en la matière puisqu’elle était déjà sur ce front en 1940-42, n’hésite en aucun cas à parler de rafles, je ne vois pas pourquoi je m’abstiendrais d’en parler. » « Les méthodes policières sont commandées par la nature des choses : c’est un problème technique. A partir du moment où vous voulez interpeller des gens qui n’ont pas commis de délit particulier, sauf celui d’être là, ou bien c’était celui d’être juif en 1942, vous allez les chercher là où ils sont, vous leur tendez des pièges pour les amener dans les préfectures, vous allez mettre des dispositifs policiers pour les interpeller dans les quartiers où ils habitent. Il faut savoir que cette année au métro Belleville, c’est pratiquement chaque semaine que les opérations de ce genre ont lieu. D’après ce que m’ont raconté les habitants du quartier, une semaine ce sont les Chinois, une autre semaine ce sont les Arabes, probablement en fonction des avions qu’il faut remplir, et ce sont des rafles qui sont ciblées sur des populations déterminées.» « Une des conséquences de tout cela, c’est quand même le fait extrêmement grave que désormais, c’est par centaines que les enfants sont enfermés en centre de rétention. La Cimade le mentionne : les chiffres pour 2005 sont de l’ordre de 400. Et je pense qu’aujourd’hui ils ont beaucoup augmenté. Les parents sont soumis au chantage : ou bien vous les emmenez avec vous, ou bien on les met à la Ddass. C’est quand même extrêmement grave que des enfants de trois à six ans soient enfermés dans des centres de rétention. Ultime parallèle : quand la Cimade a interpellé les autorités sur ce placement des enfants en rétention, en leur disant "mais les enfants n’ont pas à être en rétention puisqu’ils ne sont pas expulsables", la réponse de l’administration a été “oui mais nous agissons dans un but humanitaire pour ne pas séparer les parents des enfants“. Eh bien, je le dit brutalement, j’appelle ça la jurisprudence Laval –Bousquet, parce que c’est exactement la réponse que Laval et Bousquet ont faite aux autorités chrétiennes quand les autorités chrétiennes leur ont demandé de ne pas interpeller les enfants juifs, Laval et Bousquet leur ont répondu qu’ils faisaient cela dans un but humanitaire pour ne pas les séparer de leurs parents. On peut penser qu’il s’agit d’une pure et simple coïncidence, n’empêche que la réponse est mot pour mot la même. » ****************************************************************************************
Je crois que c'est clair pour tout le monde, le mot "rafle" est parfaitement dans son contexte, il s'agit de boucler un lieu dans lequel est fortement susceptible de se trouver une population visée, pour ensuite les arrêter. En revanche, certains pratiques ne sont pas directement liées au principe de "rafle" : l'indentification facilitée des cibles (que ce soit par une étoile jaune ou par un fichage ADN généralisé et par des contrôles au faciès), la vulnérabilité de la population visée, l'encouragement à la délation (français "répudiant" leur conjoint étranger pour s'assurer la victoire lors du procès), ou le désintéressement de la population.
Je propose donc de ne plus utiliser le mot "police", puisque des polices politiques ont, à des sombres moments de l'histoire, causé de nombreux morts. Je propose de ne plus appellez GDF "Gaz de France", car le gaz à été utilisé dans les camps d'extermination, et que cela serait un parallèle trop hasardeux. Je propose de supprimer les chemins de fer, parce qu'ils ont été utilisés par les nazis pour conduire les juifs à la mort. Ce n'est pas très différent d'accuser ceux qui utilisent le mot rafle de vouloir créer un parallèle entre Nicolas Sarkozy et le nazisme. Le parallèle, contrairement à ce qu'on peut lire dans les commentaires haineux de certains sites, ne sont pas faits par des associations de défense des droits de l'homme et/ou des droits des sans-papiers, alors qu'ils parlent de rafle, mot ici totalement justifié, mais par ceux qui contestent l'usage de ce mot, parce qu'il ne leur plaît pas, sans donner d'argument valable (autre que l'argument juridique comme quoi la france est un état libre et démocratique, et que ses lois doivent être respectées : cela en change rien à la réalité des rafles, ou bien parce qu'il n'y as pas de nazis nous occupant). Non, Nicolas Sarkozy n'est pas un nazi, et sa police n'est ni la Gestapo ni les SS. Mais ce qu'il fait est tout de même innaceptable, et nous devons exprimer notre désaprobation, d'autant plus que tout cela est fait en notre nom ...
Il faut, en effet, ne pas se contenter de parler de rafles, mais bel et bien de préciser ce qui est en train de se produire, et si certains droitistes protestent sout prétexte que cela rappelle des périodes sombres de l'histoire, c'est qu'ils ne sont pas encore prêt à accepter la xénophobie d'état de cette droite extrème, et qu'ils ne sont pas encore aussi décomplexés que leur président ...
Source des textes :
Liens : la fameuse rafle de Belleville http://contrejournal.blogs.liberation.fr/mon_weblog/2007/09/ils-ont-vu-une-.html 9月26日 LE CHIFFRE TUEVendredi 21 septembre, Chulan Zhang Liu, chinoise résidant en France, est décédée après s’être défenestrée lors d’un contrôle de police boulevard de la Villette à Paris. Cette mort tragique, qui a été dissimulée tout le week-end, n’est pas un malheureux accident dû au hasard. C’est la cinquième défenestration d’un étranger sans papiers en deux mois. La mort de Madame Zhang Liu est la conséquence d’une politique inutile et dangereuse qui se met en place contre les étrangers en situation irrégulière. Les lois se multiplient pour fermer toutes les voies à la régularisation, et ôter aux personnes le droit de vivre en famille. On veut imposer des tests ADN à l’usage exclusif des immigrants. On met en place des fichiers classant les personnes selon leur origine ethnique. Le droit d’asile est de plus en plus menacé. Le gouvernement somme les préfets de faire du chiffre et de remplir des quotas d’expulsion. Les rafles se multiplient, les gens n’osent plus sortir, circuler, aller travailler. Les jeunes partent à l’école la peur au ventre. La peur et l’absence de perspective conduisent à des gestes désespérés, qui peuvent se reproduire. ACORT-RACORT, ALIF, ATMF, AUTREMONDE, CIMADE, CEDETIM, Coordination des Groupes de femmes Egalité, CSP 11, 19e, CSP Montreuil, FASTI, FCPE, GISTI, LDH, MRAP, RACORT, RESF, UCIJ, CFDT, CGT, FSU, SOLIDAIRES, SUD EDUCATION, UNSA-EDUCATION ALTERNATIVE LIBERTAIRE, LCR, MJS, PCF, PCOF, PS, LES VERTS, Le Maire de Paris Ya basta - Mauvais consommateurTu joues pas au tiercé, tu joues pas au loto Mauvais mauvais mauvais consommateur ! 9月25日 Annick Coupé à "Duel sur la 3""Duel sur la 3" est le nouveau magasine politique de france 3, animé par Chrissine (mais sans Cherge).
La première émission, du 23 janvier, avait pour thème "Trop de fonctionnaires : Y a-t-il trop de fonctionnaires ? Dans quel secteur ? Comment réformer, redynamiser la fonction publique en France ?". Les invités étaient Annick Coupé (secrétaire générale de l’Union syndicale Solidaires), François de Closets (journaliste et écrivain), Sabine Hérold (vice-présidente et porte-parole d’Alternative libérale), Guénolé Guittard (professeur d’éducation physique à Paris), ainsi qu’Eric Woerth, Ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique.
D'après certains sources internet, il n'était pas prévu que la porte-parole de l'union syndicale Solidaies soit invitée, mais que cela a été conclu après le désistement d'un autre dirigeant syndical. Bref, le plateau était plutôt équilibré : - Guénolé Guittars, simple (dans le sens mélioratif) enseignant,qui a bien réussi à rappeller que les enseignants le sont car c'est leur passion, et pas par attachement pour un quelconque statut social.
- François de Closets, journaliste plutôt libéral quand même, s'est évertué à démonter le bien-fondé de la réduction du nombre de fonctionnaires, mais il n'avait apparement pas été prévenu qu'il aurait un vrai syndicaliste en face de lui, et ses arguments ont bien trop ressemblés à ceux de Sarkozy, se basant sur les autres pays.
- Cela aurait pu marcher, mais Annick Coupé avait apparement réponse à (presque) tout, même si je ne prétends pas être un expert pour en juger (loin de là). Son discours et ses arguments, à contre-courant des thèses libérales communément véhiculés et acceptées dans les hautes sphères, étaient bel et bien basés sur des chiffres rélles, remettant à leur place ceux lancés presque au hasard par le journaliste libéral.
- Sabine Hérold. Je ne sais trop quoi penser de ces militants d'Alternative Libérale (à ne pas confondre avec Alternative Libertaire !), mais ils ont l'air visiblement différents de François de Closets, par exemple, qui n'assume visiblement pas son libéralisme et se replie sur des fausses prétentions sociales ridicules.
Bref, pour vous faire votre propre opinion : http://info.france3.fr/encadres/33723575-fr.php FAUSSES EVIDENCES SUR L’IMMIGRATION par Emmanuel TERRAYFAUSSES EVIDENCES SUR L’IMMIGRATION par Emmanuel TERRAY Article de la revue du CRID.
De quelques fausses évidences sur l’immigrationLe discours dominant sur l’immigration s’appuie sur quelques propositions présentées comme des évidences. Or, à l’examen, elles ne sont confirmées ni par l’expérience ni par la réflexion. _Première proposition :_ *L’ouverture des frontières provoquerait un raz-de-marée de nouveaux immigrants.* En réalité jusqu’en 1974 les frontières étaient ouvertes, et le monde n’était pas bien loin s’en faut plus riche qu’à présent ; or, pendant cette période, aucun déferlement ne s’est produit ; au contraire les entreprises françaises envoyaient en Kabylie dans les Aurès et dans l’Atlas de véritables missions de racolage pour recruter leur personnel. De même lorsque le Portugal et la Grèce sont entrés dans la CEE, leurs ressortissants n’ont pas envahi notre territoire : pourtant leur niveau de vie était très inférieur au notre. C’est que la thèse de l’invasion suppose que la misère économique est le moteur exclusif de la migration. Or il n’en est rien. Les causes de la migrations sont beaucoup plus complexes et font toujours intervenir une culture, des traditions particulières : c’est ce qui explique que certaines régions d’Afrique ou d’Asie font partir de très nombreux migrants alors que des régions voisines, tout aussi pauvres, n’en font partir aucun. Au surplus, la migration suppose un minimum de ressources matérielles et morales, et l’extrême misère la rend le plus souvent impossible. Ainsi, la volonté de "s’en sortir", l’esprit d’aventure et d’entreprise sont des motifs de départs au moins aussi répandus que la misère. En tout état de cause, la plupart des migrations prennent place entre pays du Sud. En conséquence, même si la mondialisation déclarée inéluctable par nos dirigeants entraîne une croissance régulière de la migration, on est loin des raz-de-marée annoncés. _Deuxième proposition :_ Il est possible de contenir la migration par des mesures de contrôle administratif et policier. En réalité, à une époque où plusieurs millions d’étrangers franchissent chaque année nos frontières pour les motifs les plus divers, comment repérer parmi eux les vingt ou trente mille personnes qui sont décidées à demeurer sur notre sol, même au prix de l’illégalité. Sauf à reconstruire autour de l’Europe une barrière équivalente à ce que fut le Mur de Berlin, l’éradication de l’immigration illégale est une tâche impossible : au prix de dépenses très lourdes et souvent au péril de leur vie, ceux qui veulent entrer finissent un jour, dans leur grande majorité, par entrer. Et les accords de réadmission avec les pays d’origine n’y changeront rien ; car la décision d’immigrer est en règle général une décision individuelle ou familiale, et ne relève jamais de l’Etat ; celui-ci n’a donc que très peu de prise sur la migrations. _Troisième proposition :_ *L’ouverture des frontières est impossible en période de chômage et elle menacerait nos grands équilibres économiques et notre protection sociale*. De telle craintes reposent sur une analyse économique erronée et sur une conception fausse de la psychologie des migrants. Elles supposent d’abord que le marché du travail est unifié et homogène ; or nous savons bien au contraire qu’il est cloisonné, et qu’il y a quantité d’emplois et de travaux dont les Français ne veulent pas (BTP, restauration, nettoyage, services etc.). L’arrivée des étrangers dans ces secteurs ne prend donc le travail d’aucun Français. Ces craintes supposent de même que le travail et les revenus qu’il engendre forment une quantité fixe : plus les candidats au travail seraient nombreux, moins grande serait la part de chacun et il faudrait donc limiter leur nombre. Depuis Keynes, la pensée économique s’est débarrassée de ces thèses malthusiennes : c’est la demande globale qui fait la croissance et l’emploi. Or les migrants, légaux ou illégaux sont à la fois des producteurs et des consommateurs ; à ce double titre, ils augmentent la demande, et alimentent la croissance, d’autant plus que notre pays n’a pas eu à supporter la charge de leur formation. Enfin, contrairement à une image trop répandue, les migrants ne viennent nullement en France dans un esprit de parasite ou d’assisté : ils veulent réussir, gagner leur vie, aider les leurs, et ne demandent qu’une chose : c’est de pays leurs impôt et leurs cotisations sociales. _Quatrième proposition :_ Pour tarir la migration, il faut développer les pays d’origine. Ici la réponse est double : il faut certes aider au développement des pays d’origine mais, à court et moyen terme, cela ne tarira pas la migration. En effet, l’expérience montre qu’au moins à court et moyen terme, le développement s’accompagne, non pas d’une diminution mais d’un accroissement du volume des migrations. Le fait est facile à comprendre : le développement c’est la passage d’un système de rapport économiques et sociaux archaïques à un autre système, plus moderne. Or ce passage ne s’accomplit pas en un jour. Pendant une première phase, les production traditionnelles reculent, les anciens rapports sociaux se désagrègent, les communautés sont déstabilisées et l’exode rural s’accélère, tandis que le nouveau système ne se met en place que peu à peu : ainsi surgit un moment de flottement et de jeu pendant lequel les liens qui fixent l’individu au sol se relâchent : beaucoup profitent de cette mobilité nouvelle pour tenter l’aventure de la migration. La stabilisation n’interviendra que plus tard, lorsque le nouveau système sera stabilisé et hégémonique. En conséquence, aidons le développement en sachant que l’argent expédié par les migrants à leurs proches et une des formes les plus importantes et les plus efficaces de cette aide mais n’en attendons pas de miracle en matière de migration. Pour conclure, seule une critique résolue du discours dominant permettra d’élaborer une autre politique de l’immigration, à la fois réaliste et juste. Réaliste, parce qu’elle prendrait acte du fait que la migration est une réalité incontournable, et qu’il est vain de prétendre l’interdire. Juste, parce qu’elle prendrait acte du fait que la libre circulation est un droit, et qu’il faut en conséquence, non pas la supprimer, mais l’organiser au service de tous les acteurs concernés. Emmanuel TERRAY La CFDT attaque en justiceLa Compagnie Jolie Môme, formation musicale et théâtrale "fortement ancrée à gauche" comme dit un point de vue neutre, est l'objet d'une attaque en justice de la part de la CFDT, confédération syndicale pas des plus combatives, à propos de l'occupation des locaux de cette dernière par des intermitants du spectacles et des chômeurs.
Une pétition est en ligne pour exprimer votre solidarité.
Pour en savoir plus : http://www.cie-joliemome.org/petition/ 9月19日 Revu et corrigé : vu et oublié"Alors c'est donc ça l'émission pour laquelle la direction de France 5 a évincé Arrêt sur Images ? Pauvre service public, tu es décidément tombé bien bas. Dans un décor de Talk-Show aux couleurs bleues high-tech, Paul Amar est au centre, face caméra et lit son prompteur avec l'aisance d'un cancrelat renversé sur son dos. Il sue, il a chaud, il se dit qu'il n'aurait pas dû reprendre deux fois de la paëlla à la cantine ce midi. Son texte est digne d'une rédaction d'un élève de seconde : thèse, antithèse, synthèse. Les mots de liaisons sont bien appuyés pour qu'ils n'échappent à personne. Derrière lui le public est regroupé en deux barquettes d'œufs, l'une à droite, l'autre à gauche, dans une symétrie irréelle. La table en arc de cercle accueille successivement les journalistes, éditorialistes et invités de l'émission. En régie, filmé par une caméra à l'épaule, le rédacteur en chef explique qu'en bon élève de la démocratie participative, les téléspectateurs pourront poser leurs questions par SMS, que rien ne sera censuré mais qu'il filtrera juste les messages diffamatoires et les insultes. Rha non, hein, pas de ça ici, Monsieur. Revu & Corrigé a un programme chargé pour cette première : l'enlèvement de la petite Maddy, l'affaire Clearstream, Laurent Gerra qui "flingue la télé", mais, attention, tout cela vu sous "l'angle des médias". Pas question ici de défricher l'information ou de l'expliquer, non. Seulement de discuter de son traitement. Paulo le rabâchera jusqu'à la nausée... sans jamais le pratiquer. Alors voilà, ça commence par un petit sujet sur Madeleine McCan, la gosse kidnappée au Portugal, qui nous remémore les grandes lignes du fait-divers et le traitement "des médias" qui ont d'abord été du côté des parents avant de les considérer comme des criminels. Et derrière le reportage de la musique de circonstance : à suspens pendant l'enlèvement et puis larmoyante lorsque l'on suit les parents et le retour en Angleterre. Au retour plateau, Paulo interroge un journaliste qui nous montre des images du site Internet lancé par les parents de Mady. Derrière les images, le single : "Don't You Forget About Me" de Simple Minds. Et pas gonflé, juste après, Amar interroge d'un air suspicieux et sur un ton faussement improvisé (mais qu'on imagine dûment répété) d'une douteuse mise en abyme rédemptrice : "Dites-moi, il y avait de la musique sur les images du site, elle m'a dérangé, c'est vous qui l'avez mise ?". Réponse du journaliste : "Non, c'est celle du site, jamais nous ne nous serions permis". Et juste avant, sur le reportage, c'était peut-être pas vous, la musique suintant les bons sentiments et le populisme consensuel ? Alors, c'est pour ça que l'émission Arrêt Sur Images a été arrêtée ? Oui, l'émission de Daniel Schneidermann avait ce ton un peu professoral "asseyez-vous on va vous expliquer, vous vous faites avoir" de temps à autre agaçant. Et parfois il y avait la sensation que l'équipe d'ASI avait un peu trop à cœur de critiquer les autres sans se remettre en question (même s'il y avait une séquence d'arrêt sur les images d'ASI, mais qui restait plus potache que critique). Au moins, ASI osait affronter de face les polémiques, se remettait en cause quand il y avait lieu, citait les journaux et ne couvrait pas le tout sous le générique "les médias", comme le remarque justement Daniel Schneidermann tout au long de sa critique de Revu & Corrigé. À n'en pas douter, pétrie dans sa suffisance, la direction de France 5 va laisser vivre cet ersatz pendant une année, mais la longévité (douze ans !) d'Arrêt Sur Images ne risque pas d'être égalée. Revu et Corrigé : tous les samedis à 19h00 et rediffusion les dimanches à 13h15." Quand un mail appelle à la délation des élèves sans papiersL'inspection académique du haut-rhin a envoyé le 17 septembre aux directeurs de toutes les écoles du département le mail suivant:
Mesdames et Messieurs les Directeurs,
Avez-vous connaissance de scolarisation d'élèves "sans papier" dans votre établissement ? Dans l'affirmative, veuillez nous le faire savoir dans la journée par e-mel ou par téléphone au 03 89 21 56 ** ou 03 89 21 56 **. En vous remerciant. DVS/3 Suivi par le mail suivant :
Une demande concernant la scolarisation d'élèves sans papier émanant (de nos) services vous est parvenue par erreur et est sans objet.
Merci de ne pas en tenir compte. Cordialement. L'inspection académique s'est-elle entre temps rendue compte que la chasse à l'enfant n'était pas dans ses attributions ? Il est désolant de voir que certains responsables de l'enseignement sont complices des évènements actuels, qui portent énormément préjudice à l'enfant, qui, après avoir subi l'humiliante expérience de servir de traducteur à ses parents pour toutes les démarches visant à leur régularisation, doit vivre dans la peur du gendarme, la honte que le pays qu'est la France le refuse, le rejette, sans raison.
Rappellons que tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit, que les enfants n'ont pas besoin de papier, et ne devraient donc pas être explusés, et que le droit à l'éducation et ouvert à tous. Est-ce un hasard que cette inspection fasse une telle demande aux directeurs d'école, à l'heure où la chasse à l'homme et la chasse à l'enfant sont ouvertements lancées par le gouvernement, sous l'oeil complaisant et complice des téléspecteurs ravis que la loi soit appliquée ?
MM Sarkozy et Hortefeux, pourquoi, lorsque vous vantez vos objectifs de 26 000 expulsions cette année, au journal de TF1, ne précisez-vous pas combien d'enfants, de femmes enceintes, de personnes malades, ou de personnes agées vous expulsez ainsi, violant les droits de l'homme et les droits de l'enfant ? 9月16日 Les Chasseurs de Dune"Les chasseurs de Dune", qui sortira en Français en septembre, est la suite tant attendue (n'est-ce pas ?) de "La maison des mères" de Franck Herbert. C'est son fils Brian Herbert qui l'a écrit avec la collaboration de Kevin Anderson.
Le cycle de Dune, d'Herbert père et fils, sera donc composé, à terme, de :
- La guerre des machines
- Le Jihad Bultérien
- La bataille de Corin
- La Maison des Atréides *
- La Maison Harkonnen *
- La Maison Corrino
- Paul of Dune
- Jessica of Dune
- Irulan of Dune
- Dune *
- Le messie de Dune *
- Les enfants de Dune *
- L'empereur-dieu de Dune *
- Les hérétiques de Dune *
- La maison des mères *
- Les chasseurs de Dune
- Les Vers des sables de Dune
+ La route de Dune
+ Et l'homme créa un dieu
(l'astérisque indique les romans que j'ai eu l'occasion de lire ...) Uribe, Sarkozy, et Chavez ......sont dans la jungle !
C'est du moins la proposition du président vénézuélien Hugo Chavez à son homologue colombien, pour négocier la remise en liberté d'otages avec les FARC.
Si cela se fait, j'espère que Paris-Match sera là pour couvrir l'évènement ! |
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